Chaque année, elles génèrent plusieurs dizaines de milliers de spectateurs dans l’Hexagone et au-delà de nos frontières.

CONTACT
Irene Román
Assistante de direction et coordination de la programmation
i.roman@mascene.eu

À l’origine de ce spectacle, il y a d’abord Jungle, un livre de l’illustrateur Vincent Mathy. Dans cet ouvrage, il réunit quatre formes basiques et un nombre limité de couleurs. Au contact de ces éléments, la culture visuelle des enfants s’affine, leur esprit d’analyse se développe. Tout est chamboulé poursuit le cheminement dans cet univers graphique : vingt-six cubes en noir et blanc, deux éléphants, quatre poissons, un serpent, un crocodile et une nuée de papillons, ainsi qu’une fille et un garçon, de chair et d’os.

Ces deux joueurs qui s’amusent, inventent et explorent, se prêtent avec malice, devant les jeunes spectateurs, à un jeu de construction où les rôles parfois s’inversent. Lorsque l’un d’eux construit, l’autre déconstruit, l’un range, l’autre dérange. Face à eux, les enfants s’émerveillent de ce dispositif ludique qui leur est bien familier. Tandis que se dessine aussi, en creux de cette astucieuse proposition, l’histoire de la construction de soi et de la place des autres dans nos vies.


JEU 5 ET VEN 6 OCT. 2023 / 10H ET 15H30 / TOURNÉE PMA

Dans l’oeuvre prolifique de Christophe Honoré, la littérature jeunesse est première et primordiale. Elle arrive bien avant les films, bien avant le théâtre ou même ses romans « pour adultes ». Et surtout, elle est pour lui un art majeur. Dans Les Doyens, il retrouve cette adresse aux plus jeunes, mais l’aborde pour la première fois sur scène.

Les Doyens, ce sont ces deux hommes sans âge qui occupent le plateau et prétendent tout savoir. Leur but est visiblement d’instruire les enfants assis dans la salle et ils s’y emploient de façon péremptoire et autoritaire. Certes, ils sont des puits de science, mais leur paternalisme insupportable (et un complice qui se révèlera au fur et à mesure) conduira le public à la révolte. 

Écrit en étroite collaboration avec les comédiens, à partir de textes de Bourdieu, Rousseau, Plutarque, Descartes, Les Doyens aborde les sujets de l’héritage, de l’éducation, des conditions de la rencontre entre générations. Il offre aussi et surtout aux jeunes spectateurs la salutaire possibilité de remettre en cause le discours des adultes.

JEU 23 NOV. 2023 / 19H / THÉÂTRE

Dans une société où tout est performance, José y sus Hermanas prône le plus bas rendement possible. Car quand tout a déjà été dit, quand tout a déjà été fait, à quoi bon s’échiner ? Et par la même occasion, ne devrait-on pas oublier toutes ces valeurs et principes qui nous étouffent : progrès, développement, efficacité, innovation ? En résumé, comme le formule l’un des comédiens au début du spectacle, de « ne pas accomplir ce qu’on attend de nous ». Voilà un slogan qui vaut programme pour ce jeune et passionnant collectif barcelonais, qu’on n’a que très peu vu sur les scènes françaises. Depuis sa création, José y sus Hermanas fait exploser les conventions théâtrales avec des spectacles entre concert, performance, lecture et installation. Avec humour et beaucoup d’ironie, il s’empare toujours de questions de société, qu’elles concernent l’Espagne ou, comme ici, toute une génération mondialisée, qui rêve à d’autres futurs que ceux qu’on a écrits pour elle. Concurso de malos talentos (Concours de mauvais talents) propose de manière énergique, intelligente et inventive, des possibilités de vivre (et de faire du théâtre) autrement.

VEN 8 DÉC. 2023 / 20H / THÉÂTRE

« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » scandait Samuel Beckett dans Fin de partie. Pour Didier Ruiz, cette fin, sujet tabou de nos sociétés, ne peut se dire sans parler d’amour. À rebours de cette mort que l’on voudrait cacher, le metteur en scène s’attache à lui rendre son droit de cité et quoi de plus propice que de l’inviter dans l’espace théâtral déjà d’emblée hanté par sa présence. Oui, peut-être est-il possible d’y planter là ce grain, une autre approche où fiction et documentaire s’enlacent. Mon amour, qui réunit un trio familial, un couple âgé et leur fille, interroge la fin de vie et son accompagnement depuis le regard et le vécu de chacun. Scènes intimistes jouées entrecoupées d’interventions isolées, de « paroles d’experts ». Dialogues aigres-doux et propos scientifiques ou spirituels tissent la toile de ces échanges jusqu’à l’apparition chorale et onirique d’une assemblée de vieillards. Selon le metteur en scène de Trans (més enllà) et Que faut-il dire aux Hommes ?, il s’agit de « mettre la mort en lumière et de la célébrer de façon vivante ».

VEN 19 JANV. / 20H / THÉÂTRE

Après avoir présenté l’essentiel de l’oeuvre d’Israel Galván, rénovateur absolu du flamenco, depuis 2015, MA invite Seises. Cette création s’inspire de la Danse des Six, une chorégraphie liturgique interprétée depuis le XVe siècle par six enfants (aujourd’hui dix), vêtus de costumes lumineux et coiffés de longues plumes colorées. Célébrée à Séville, dans la plus grande cathédrale du monde, cette cérémonie exerçait sur le petit Galván une fascination irrépressible. Aujourd’hui, le bailaor de génie rejoint le jeune prodige qu’il a été, avant de devenir le danseur transgressif qui a déplacé le flamenco vers l’impudence, l’insolence et l’inconnu. Retour à ses origines, certes, mais aussi aux racines du duende et de l’histoire de la danse. Se déployant en trois parties, Seises nous fait traverser les paysages visuels et sonores de sa ville natale à partir des sonates d’Alessandro et Domenico Scarlatti, des toiles de Velázquez, ou du fandango de Padre Soler. La pièce invoque « la sublimation du corps » par les timbres, les frappes et les résonances, et nous fait entendre un chœur de voix blanches, préalablement sélectionnées dans chaque ville qu’il visite, transformant totalement l’atmosphère de ce spectacle hors-normes.

MAR 19 MARS / 20H / THÉÂTRE

Artiste phare de la scène européenne et fidèle de MA, Emma Dante revient avec sa nouvelle création, Il tango delle capinere. Dans ce spectacle musical, joyeux et nostalgique, elle tourne les yeux vers les sensations et les émotions de nos aînés, nous offrant une carte postale délicate d’un monde qui fut et qui peu à peu disparaît. Nous traversons ainsi les moments importants de la vie d’un couple. Au son des chansons qui ont rythmé leurs jours, deux vieux amants célèbrent le début d’une nouvelle année, dansant à l’envers leur romance : première rencontre, premier baiser, premier enfant. Un amour vécu à rebours dans un instant de grâce poétique et de mélancolie… « N’arrêtez jamais de danser jusqu’à ce que la musique joue. Quand ça s’arrête, ça s’arrête pour toujours : et, à ce moment-là, il faut attendre l’obscurité sur scène, pour comprendre ce qui nous attend ensuite. » Avec une tendresse infinie et son art incomparable pour déplier les épaisseurs de l’existence, Emma Dante signe un nouveau précis d’humanité.

VEN 22 MARS / 20H / THÉÂTRE

Qui a dit que l’âge empêchait de danser, de créer, de chorégraphier ? Ce n’est sans doute pas Jean-Christophe Bleton. En compagnie de quatorze danseurs et chorégraphes, il investit le plateau. Tous ces artistes passionnés ont fait la réputation d’une certaine « nouvelle danse française » dans les années 80. Ils ont plus ou moins la soixantaine et portent dans leur corps la mémoire de ces expériences inédites, ses élans, son souffle comme sa diversité.

Dans le troisième volet de ce triptyque qui tord le cou aux idées reçues et au jeunisme d’un milieu rétif à l’idée des corps vieillissants, les interprètes des deux précédents opus – l’un exclusivement féminin, l’autre masculin, – sont à présent réunis. Ils constituent à eux seuls une véritable histoire de la danse et font de ce « patrimoine immatériel », du mouvement et de sa poétique, un autre paysage où résonne le temps, des années 70 à aujourd’hui. Ce travail de mémoire se déploie entre humour et dérision au croisement de la question des genres. Une autre façon d’interroger le regard et la relation au corps dans nos sociétés.

JEU 4 AVRIL 2024 / 20H / THÉÂTRE 

À l’évidence inspirée par Steve Paxton et son approche de la gravité, la nouvelle pièce d’Alexander Vantournhout – familier de MA, où il a déjà présenté plusieurs de ses étonnantes créations : ANECKXANDER, Red Haired Men, Through the Grapevine et SCREWS – approfondit le sujet à sa façon. Du réputé chorégraphe de la post-moderne dance américaine des années 60-70 – fondateur du contact improvisation qui a marqué nombre d’artistes chorégraphiques – il semble avoir retenu certaines observations, notamment que « la gravité pure est une attraction, un jouet essentiel ».

Dans Foreshadow, un mur presque infranchissable occupe l’avant-scène. Espace, corps et mouvements ainsi contraints stimulent l’imaginaire de chacun et poussent à la transformation. Officiant tels des insectes aux étranges déplacements, les danseurs-acrobates créent le trouble. Le mur se fait sol, les parois surfaces d’appui où s’agrippent pieds et mains. Suspens, conflit et tension animent cette lutte menée à la verticale porteuse d’un énigmatique récit aux multiples interprétations.

MAR 9 AVRIL / 20H / THÉÂTRE 

COPRO
DUC
TIONS
22/23