Aujourd’hui, il revient armé de nouveaux talents : il a conçu des dispositifs inédits préparés secrètement dans ses ateliers Grenoblois. Yoann Bourgeois présentera l’étendue de ses facultés dans d’époustouflants numéros issus de la grande tradition de voltige aérienne où la grâce côtoie l’éternel mais pas que. Nous le retrouverons en imitateur de chant d’oiseau, derviche prestidigitateur, haute-contre tout, fakir lévitateur, ou illusionniste honnête pour ne révéler que quelquesunes de ses nouvelles aptitudes.

Tarif: B

Spectacle conseillé à partir de 8 ans

Photos : © Géraldine Aresteanu

Coproduction

Yoann Bourgeois grandit dans un petit village du Jura. Le reste est passé très vite. Depuis quelques années, avec ses complices, il met en œuvre, par un processus de création ininterrompu, un programme consistant à désamorcer le temps, nommé : Tentatives d’approches d’un point de suspension. Sa vie est vouée à l’art vivant.

L’artiste sait semer de la poésie partout où il pose ses semelles de vent
Les Échos

Conception, mise en scène, scénographie et interprétation : Yoann Bourgeois assisté de Marie Bourgeois
Collaborateurs pour la conception de la scénographie : Albin Chavignon et Bénédicte Jolys
Régie générale : Albin Chavignon
Régie plateau, fabrication des accessoires : Julien Cialdella, Arnaud Monnet, Vincent Gadras
Collaborateur plasticien, conception de masques / prothèses : Alain Quercia
Ingénierie : Nicolas Picot
Création lumière : Jérémie Cusenier
Création sonore : Antoine Garry
Création costume : Pierre-Yves Loup-Forest
Regards extérieurs : Estelle Clément-Béalem et Mélanie Bestel

Ce projet existe en moi depuis toujours mais j’y travaille depuis quatre ans, de façon discontinue en élaborant des saynètes très courtes, comme autant de micros-numéros, ou plus simplement des actions éloquentes, que je nomme mes paroles impossibles. Projet impossible mais dont l’impossible est le sujet : Nous montrerons quelqu’un qui voue sa vie à l’impossible, quelqu’un à qui il arrive quelque chose qui n’a lieu que sur le plan de l’impossibilité. Ce processus est né du sentiment paradoxal que dans la parole, meurt ce qui donne vie à la parole. Exposition d’échecs, la dramaturgie de ce spectacle sera composée de fragments organisés de pire en pire. Rien n’est plus drôle que le malheur, disait Beckett, je suis d’accord.

Devant ces échecs, devant tant d’échecs, se laisserait pressentir l’indomptable force propre à la faiblesse : c’est lorsque nous ne pouvons plus rien que se dégagent parfois les ressources d’un tout autre pouvoir.

Un homme seul face à un micro. les paroles impossibles exposent différentes façons d’échouer devant la prise de parole. Grâce à une somme de dispositifs éloquents, qui renversent la prise de parole, c’est alors son impossibilité qui devient elle-même expressive. Autre parole surgissant par son impossibilité même. Abîme. L’autre côté du discours présente une puissance plus grande que lui, comme autant de principes poétiques.

Le ressort affectif de ce travail, d’un registre plutôt burlesque, se loge très loin en moi. Si je devais faire un ultime spectacle, ce serait celui-là. Puisse transparaître la forme invisible d’un manifeste amoureux pour l’esprit poétique.

Notre décor sera un théâtre. Nos accessoires de jeu seront des objets techniques reconstitués qui sont intrinsèques à une cage de scène. Ponts motorisés, trappes, rideaux de scènes, perches, etc… Venant des arts du cirque, voilà longtemps que je souhaite traiter la cage de scène à la façon d’un agrès. Dans ce spectacle, le personnage sera comme joué par le dispositif théâtral lui-même.

Les ressorts affectifs de ce travail se logent très loin en moi et il y a cependant, je dois l’avouer, sur l’autre versant du même spectacle, une vive aversion pour les formes communicationnelles. Alors je ne vais pas m’étaler ici. Voilà, vous devez me faire confiance : la catastrophe sera très grande. Je raterai absolument tout et ce sera de pire en pire.

Yoann Bourgeois