PERFORMANCE

SIMON MAYER, KOPF HOCHAT SUNBENGSITTING

La salle est plongée dans le noir. Peu à peu, le bruissement de la nature se fait entendre. La lumière se lève et révèle un homme nu qui se lance dans une nouvelle journée de travail. Il bricole avec un micro, des cloches, une tronçonneuse, un violon... Quand il a besoin de musique pour danser, il sample en direct le son d’un coup de fouet ou d’une scie sur le bois…

Avec SunBengSitting – en Autriche, le Sunbeng est un banc au soleil devant une ferme –, Simon Mayer explore les rapports entre ville et campagne, entre le chez-soi et l’étranger, entre l’esprit de clocher et la liberté artistique. Autant de sujets qui l’ont viscéralement traversé quand, parti étudier la danse à l’Opéra national de Vienne, le fils de fermier s’est retrouvé dans un monde où le mot « paysan » pouvait être une injure.

Sa quête d’identité lui inspire un solo ludique, surprenant et fascinant, où la répétition des gestes fait écho à son passage par la compagnie d’Anne Teresa De Keersmaeker. Mêlant danses contemporaine et folklorique jusqu’à l’épuisement, son corps dévoile aussi la mémoire du mouvement et du travail physique qu’il porte en lui. Au terme de sa journée, il aura ainsi créé, sous nos yeux, une lumineuse symphonie pastorale.


Il y a comme ça des artistes qui vont au bout, tout au bout de leur proposition. On dit d’eux qu’ils sont « à fond ». Avec un rapport au corps qui relève de l’exploit autant que de la précision. […] Simon Mayer appartient à cette même catégorie. Le Temps