THÉÂTRE

PATRICK ROBINEFR LE CRI DE LA POMME DE TERRE DU CONNECTICUT

Un homme déboule en kimono japonais. Hier soir, il donnait une fête. Il se présente pour ceux qui n’étaient pas là : « Bine, Robine. Naturaliste, grand interprète animalier, botaniste et imitateur forestier. » Le ton et le départ sont donnés.

D’abord, au cours d’une balade, il débusque une famille de pommes de terre. Portraits détaillés de la patate. Il imite et incarne la Roseval à l’étouffée ou la Belle de Fontenay (notez qu’il fera aussi très bien les arbres, les légumes (crus et cuits), le séquoia de la place du Square à Aurillac ou l’oeuf au plat à la perfection). Puis, on largue les amarres. Le voyage nous embarque en Espagne. Robine y rencontre un élan, alter ego qui sent le tabac, à la sortie d’une boîte de nuit. Suivent les côtes africaines, les grottes de sel, un lion de l’Atlas qui lit Barthes, les portes d’une armoire de famille qui s’ouvrent sur l’enfance…

On l’aura compris, il n’est pas simple de donner en quelques lignes un aperçu de l’imagination de Patrick Robine. À l’image d’un Philippe Caubère qui déroule le récit de sa vie sur scène, il est de ces fêlés qui laissent passer la lumière. Sous le regard complice du metteur en scène Jean-Michel Ribes, l’artiste-baroudeur déploie un road-trip insensé entre music-hall, cirque et humour absurde. On rit beaucoup et on est ému.


Une perle rare dans notre paysage théâtral. Télérama