MUSIQUE DANSE

NOSFELLFR LE CORPS DES SONGES

Le fascinant chanteur Nosfell décide de passer devant le micro, jouer de son corps tout entier, en quête imaginaire de sa vérité d’être.

Il ne manque pas de spectateurs de danse qui connaissent Nosfell. Sans forcément le savoir. Nosfell est musicien. Sa voix fascinante couvre quatre octaves. Sa personne, son talent, portent l’élégance, mais encore les tourments d’un parcours de jeune vie que n’épargnèrent pas les violences intimes. Il est de ceux qui arrivent sur scène comme on sauve sa peau. Cette vibration de présence, en grâce, a attiré des chorégraphes. Philippe Decouflé tout particulièrement.

À présent dans Le corps des songes, Nosfell effectue son grand déplacement. Chanteur, tout brûlé en corps, il demeurait malgré tout derrière son micro ; dans des spectacles de danse, il campait en bord de plateau. Le moment, l’intensité lui sont venus, de s’emparer de la scène entière.

Quand Nosfell était enfant, son père lui faisait consigner ses rêves. Étrange. En découla la pratique balbutiante d’une langue inventée. Trouble et enchantée. Il l’a ensuite codifiée, calligraphiée, écrivant et chantant en kokobletz. Un dessin magique de la voix et du corps en émane. Les tatouages le déclinent aussi. En sons, en corps, Nosfell veut dessiner les contours vivables de sa personne, au-delà des blessures, dans le geste saisi de son être complet.

Dans cette quête, émue, il s’est accompagné du regard de François Chaignaud, figure ensorcelée de la danse la plus actuelle ; également des créations de la plasticienne Nadia Lauro, qui fait de la scène un univers organique intégral. Subtilement composé, Le corps des songes se tend vers la vibration essentielle.


Nosfell, un artiste rare et précieux. (...) Chanteur, auteur, compositeur, interprète, danseur. (...) Il impose une forme de syncrétisme qui restera sa marque de fabrique : mélange des langues, des genres, pour n'en former plus qu'un, le sien.

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