CIRQUE

MATHURIN BOLZE, CIE LES MAINS LES PIEDS ET LA TÊTE AUSSIFR LES HAUTS PLATEAUX

Les hauts plateaux, ce sont sept interprètes qui évoluent dans un espace horizontal pareil à un livre pop-up. C’est aussi une tentative du metteur en scène Mathurin Bolze pour nous interpeller : que faire quand notre monde commence à s’effondrer ?

Pour cette création 2019, le directeur artistique de la compagnie de cirque Les mains les pieds et la tête aussi s’intéresse aux ruines, aux souvenirs, aux traces que nous laissons derrière nous : « Les ruines sont l’espace du possible, elles sont sans âge et participent à la concordance des temps. Elles racontent l’exil, les guerres, les exodes climatiques et politiques. Lignes de fragment, allégories  du temps, elles mêlent savoir et imaginaire ». Les hauts plateaux sont un moyen pour explorer et fouiller le passé, celui de notre civilisation,  de  notre  époque  contemporaine.  Quelles   seront nos ruines ? Peut-être nos déchets et notre bâti ? Mais aussi      les traces de nos relations, de nos peurs et de nos désirs… Dans une scénographie articulant structures métalliques suspendues, trampolines et plateformes en bois, les acrobates surgissent, avancent, tombent, se relèvent, rebondissent, interagissent, contemplent... Ils parcourent les « hauts plateaux » baignés par les compositions sonores singulières de Camel Zekrit et Jérôme Fèvre qui fusionnent les sons de la guitare à des éléments acoustiques d’une autre nature. Dans nos oscillations de parcours d’humains, Mathurin Bolze nous invite à un état de conscience affûtée, à nous rendre sensibles aux questions plus vastes que celles liées à notre destin personnel.


Fou volant. À force de faire « exploser les cadres », Bolze est devenu en quelques années le nouveau chef de file du « cirque sans cirque ». L’Express