THÉÂTRE

LOÏC CORBERYFR SINGULIS I (HAMLET, à part) SHAKESPEARE ET AUTRES…

Hamlet est seul. Avec un secret, avec son deuil et ses fantômes. Loïc Corbery confronte la solitude du personnage à celle de l’acteur qui tente de l’incarner. Un seul-en-scène intimiste et sensible avec Shakespeare et quelques autres.

Simul et singulis est la devise de la Troupe, trois mots qui disent les qualités contradictoires que demande une carrière à la Comédie-Française : être singulier au sein d’un ensemble tout en étant à son service. Comme en miroir inversé, Loïc Corbery est seul avec Hamlet face au public. Il se fond dans le héros comme un acteur se préparant à jouer Hamlet mais ne le joue pas. Dans cette traversée commune, il explore, au-delà de l’histoire elle-même, un mythe, fait de doutes et de révolte, de violence et de mystère. En quête de son identité, comme toutes les grandes figures du répertoire, Hamlet ne parle que de théâtre. Il le définit comme matrice de la vérité considérant la scène comme le dernier endroit où l’on dit vraiment, où l’on est vraiment. (HAMLET, à part) est un spectacle où se joue avant tout le rapport d’un acteur à un rôle, où la didascalie se fait chair, plus que le texte lui-même. C’est la part fantôme du comédien, la plus vraie peut-être, la moins théâtrale qui s’y révèle. Il en résulte sur scène un très beau « cabinet de curiosités », aux inspirations littéraires éclectiques (Stefan Zweig, Hugo, Molière, Musset, Jean Vilar, Sarah Bernhardt…). Les extraits musicaux, les voix de monstres sacrés telles que Laurence Olivier ressuscitées par l’intermédiaire d’un précieux gramophone... tout concourt à faire entendre la pièce de Shakespeare autrement aux spectateurs initiés ou simplement curieux.


Porté par le jeu à fleur de peau du comédien, chaque fragment éclaire la tragédie du prince de Danemark d’un jour nouveau. Les Échos