DANSE

(LA)HORDEFR TO DA BONE

TO DA BONE est une œuvre qui souhaite parler d’une révolte intime d’une certaine jeunesse. Surgi d’Internet, le jumpstyle produit un uppercut sur scène. Les tournées de TO DA BONE font un triomphe.

Il existe dorénavant des danses 2.0. Le jumpstyle est une danse qui se découvre sur la toile et se pratique, au départ, seul dans sa chambre. Elle a pour origine un genre musical et émerge dans les clubs en Belgique dès les années 2005. Les jumpers filment leurs enchainements et les postent sur  Internet pour partager leur passion et leurs progrès avec leur communauté. En moins de trente secondes, leurs séquences bondissent à la verticale, pour décocher d’ahurissants jeux de jambes, sur une techno ultra- accélérée, comme autant d’électrochocs d’affirmation corporelle de virilités juvéniles.

Cela s’est échangé en réseau. En clubs aussi, avant de déborder dans la rue. Et finalement monté sur scène par les membres du collectif (LA)HORDE. À l’aide de mediums multiples, ces créateurs développent des fictions prenant racine dans des problématiques contemporaines et s’étendant sur plusieurs espaces de narration. Ils ont patiemment repéré online treize virtuoses du jumpstyle. Le spectacle TO DA BONE naît de cette rencontre. Les usages se professionnalisent, les figures se questionnent. Les techniques de plateau galvanisent le potentiel humain.

Gestuelle sondée. Relations travaillées. La puissance collective, impressionnante, s’émaille d’émancipations solistes virtuoses. On n’y perd rien de la rage originelle, qui repousse les limites des horizons bornés. Physiquement, c’est percutant, suffocant. On expérimente aussi, en  s’exprimant  face  caméra, ou en osant se passer de musique. Des destinées frémissantes se saisissent sur scène. Mieux qu’un exploit individuel, mieux qu’une compétition butée : quoiqu’ultra codifiée, cette danse en vient à brosser une immense fresque contrastée. Des sections de vie rude, s’y montrent calcinées de sincérité.


Jumpstyle, la danse féroce venue du web met le feu à la scène. Télérama

Une énergie brute couplée à un vocabulaire gestuel bluffant par sa diversité stylistique et sa technicité. Les Inrockuptibles