Tour à tour femme guerrière ou poétesse, sa voix enveloppe, envoûte, caresse et rassemble des forces parfois contradictoires. Comme une chamane, elle guide notre transe. 

La Loba, le nouvel album de La Chica, est dédié à son frère défunt. Ses sept chansons explorent ainsi les différents états émotionnels qu’elle a traversés : colère, tristesse infinie, amour suprême, illumination… Au fil des morceaux, la douleur évolue. De son piano-voix, qui avance sur un fil tendu entre Rosalía et Radiohead, jaillit une vibration sereine, magique et apaisante. 

L’introspection poétique se fait rituel de guérison. Sur scène, La Chica irradie d’émotion à l’état brut, jusqu’à nous plonger dans un océan de joie pure.

Tarif: C

Photos : © Adriana Berroteran

D’un côté de l’océan, il y a l’Amérique latine. De l’autre, Paris, Belleville. Avec son piano, La Chica réunit ces deux mondes en proposant un collage de textures sonores qui emprunte autant à l’afrocaraïbe qu’au hip-hop, au doo-wop ou à Debussy. Au-delà de sa technique pianistique – où la fougue d’un Vladimir Horowitz rencontrerait une rythmique cumbia –, il y a aussi une voix qui a du sacré en elle. En mélangeant pop électronique et rythmes sud-américains, la jeune femme, révélée au sein du groupe 3SOMESISTERS, enregistre son premier album Cambio en 2019. Elle y exprime une réalité multiculturelle entre l’Amérique Latine et la France où elle a grandi. À l’image d’un reportage, cet opus nous fait découvrir toutes les facettes des réalités politiques et sociales du moment et des problématiques actuelles : féminisme, multiculturalisme, etc. Un cocktail aussi envoutant qu’explosif.

Il est impossible de passer à côté de l’intensité émotionnelle que dégagent ses chansons : des voix brutes contre un piano implacable, jouées avec fureur, animées d’accords de clavier, équilibrées par des applaudissements et un lyrisme sans pareil. 
Mondo Sonoro

Voix, piano : La Chica