La comédienne Delphine Lanson et cinq danseurs sondent leurs écrits – qui disent le manque, la colère, l’amour, l’espoir d’un apaisement… – pour en dégager une force de vie. Au plateau, les mots font naître une danse explosive, précise, virtuose, sincère, non dénuée d’humour et imprégnée du vocabulaire hybride de la chorégraphe de culture japonaise et formée à la danse occidentale.
Comme dans un rituel pour l’au-delà, nourri par le théâtre nô, les interprètes dansent pour dire au revoir aux morts et pardonner aux vivants. Évoluant entre deux mondes, ils sont comme des esprits flottants qui volent partout pour tenter de compenser « la perte ». Attirés les uns par les autres, ils s’aimantent et se repoussent jusqu’à constituer un ensemble d’humanité qui, entre force et vulnérabilité, continue à vivre irrésistiblement.

Une performance qui suscite le frisson. Ou peut-être est-ce nos Chers disparus qui vibrent à nos côtés…

Tarif: B

Photos : © Anaïs Baseilhac

Coproduction

Imprégnée de culture japonaise et formée à la danse occidentale, Kaori Ito a développé un vocabulaire hybride et singulier qui lui ressemble. À la croisée des cultures et des langues, elle s’intéresse aux rituels, à l’invisible et aux forces opposées qui se ressemblent. Proche de la danse et du théâtre, elle part de son vécu, de celui des interprètes et des gens qu’elle rencontre pour faire surgir un besoin archaïque d’être sur scène et une nécessité cathartique d’être spectateur. Se fiant à l’intelligence corporelle, elle recherche l’immédiateté et l’instinct comme moteur du passage à l’acte. À partir de thématiques essentielles comme les secrets, la solitude, l’amour, la mort elle fait émerger des textes bruts et spontanés. De ces mots crus et vifs jaillit le mouvement nécessaire, fulgurant et sauvage qu’elle recherche. Elle travaille un corps qui fait le vide pour accueillir l’imagination de celui qui regarde. Elle accède ainsi à un vocabulaire textuel et chorégraphique qui part de l’intérieur et qui nous interroge sur notre animalité et notre humanité.

On quitte la salle en ressentant que ces Chers nous hanteront pendant longtemps.

La Terrasse

Direction artistique, chorégraphie : Kaori Ito
Texte : Kaori Ito, Delphine Lanson, les interprètes et les participants de la Parole nochère au Théâtre de la Colline

Collaboration artistique : Gabriel Wong
Interprètes : Noémie Ettlin, Nicolas Garsault, Louis Gillard, Delphine Lanson, Issue Park, Léonore Zurflüh
Artistes à la création : Marvin Clech, Jon Debande
Composition : François Caffenne
Aide à la dramaturgie : Taïcyr Fadel
Régie générale : Thomas Dupeyron
Régie lumière : François Dareys et Thomas Dupeyron (en alternance)
Régie son : Coline Honnons et Adrien Maury (en alternance)
Production : Améla Alihodzic, Coralie Guibert, Laura Terrieux, Lucila Piffer et Anne Vion