FLAMENCO

ISRAEL GALVÁNES EL AMOR BRUJO

Chef d’œuvre de la musique espagnole du XXe siècle, L’amour sorcier, de Manuel de Falla, naquit du côté des avant-gardes. Le célèbre danseur flamenco Israel Galván en ravive en solo le souffle d’origine.

Aujourd’hui classique parmi les classiques, El Amor Brujo – en français : L’amour sorcier – tenait des avant-gardes et jeta un froid à sa création (en 1915). Alors Manuel de Falla le remania en suite symphonique. Puis une tradition scénique le recouvrit d’un bric-à-brac espagnol « typique ». Un siècle plus tard, le brûlant danseur flamenco Israel Galván annonce la couleur de son interprétation: « Quand je m’attelle à quelque chose, c’est toujours parce que je pense pouvoir y apporter de la nouveauté ». 

Sur une musique resserrée dans l’intensité d’un seul piano, Alejandro Rojas-Marcos, et une voix, David Lagos, il veut « retirer à cet amour sorcier toutes les poses convenues, ces grimaces douloureuses que font les danseurs, la souffrance de l’amour sorcier… Ça me donne envie d’éclater de rire ». À ces clichés, il oppose les sombres et profondes prégnances magiques qui irisent la culture gitane au quotidien. Ceux qui virent Dju-Dju ou La Fiesta les saisons dernières peuvent s’en faire une idée (Galván divise, c’est ainsi). Mais surtout, son geste conduit une quête auto-fictionnelle. L’intime s’y confronte aux défis culturels. « À nouveau tout construire et tout casser. Chercher le mur porteur, et puis le déporter. Cette fois, il ne s’agit pas de faire du neuf avec du vieux, mais de raviver la modernité initiale du chef-d’œuvre qu’on pensait connaître » résume un des ses documents dramaturgiques.


L’iconoclaste “performeur” va renverser les tables et les cœurs. Attention, le voyage n’est pas sans risques… Télérama

Le génie est de retour : Israel Galván reinvente Falla. DeFlamenco