PREMIÈRE FRANÇAISE NASA COUNTRY

GARRETT T. CAPPSUS

Quand on demande à Garrett T. Capps s’il se sent de tradition texane, le chanteur répond laconiquement : « Je suis né à San Antonio ». Pour autant, ce cowboy du XXIe siècle n’hésite pas à explorer de nouveaux territoires musicaux, fusionnant country et… influences krautrock. Il crée ainsi ce qu’il appelle la « NASA country ».

Du Sud Texas, on connaît la country qui s’acoquine avec la langueur des mélodies mexicaines, le temps pour les danseurs de faire redescendre leur température corporelle. Mêlant esprit pionnier et indolence, Garrett T. Capps repousse les limites de cette tradition pour nous emporter vers des contrées jusqu’alors inexplorées.

Ce voyage, l’enfant caché de Steve Earle – une légende country –, de Lou Reed et d’Iggy Pop l’organise avec le NASA Country band. Ce collectif lui permet d’intégrer à sa musique des nappes de synthétiseur analogique, des cuivres et des guitares supplémentaires. S’ouvrent ainsi de vastes paysages sonores, traversés de grooves krautrock (ce rock expérimental ayant culminé en Allemagne dans les années 1970). Une voix qui évoque celle d’un Hank Williams désespéré, des touches de punk, de folk et de vieux rock s’y ajoutent pour agrémenter la balade d’une enchilada épicée.

On l’aura compris, voir Garrett T. Capps en concert est une expérience totale et suppose de relever le défi lancé par un artiste qui préfère innover, plutôt que de s’en tenir à des recettes éculées. On tient là le genre de bonhomme qui partage volontiers son bourbon avec vous dans un verre ébréché. C’est à la fois brutal et attachant.

Cosmique country qui file la chair de poule et donne envie de casser les meubles. Rolling Stone