DANSE

EUN-ME AHN COMPANYKR NORTH KOREA DANCE

Enfant terrible de la danse sud-coréenne, Eun-Me Ahn a enquêté sur l’art chorégraphique au pays de Kim Il-sung. En découle un spectacle haut en couleur.

Depuis la partition de la péninsule coréenne, on ne voit sur scène que des artistes de la partie sud. Par eux, on s’est fait une idée de la danse au « Pays du matin calme » : d’une part les danses chamaniques, de toute austérité spirituelle. D’autre part, leur  transmutation  en  somptueuses  cérémonies  de cour. Enfin, une influence occidentale, classique ou avant-garde, mais réglée sur un absolutisme de la perfection technique.

Eun-Me Ahn donne un coup de pied dans un tel paysage. En invitant des amateurs sur scène, elle a rappelé que l’art de la danse retranscrit aussi le mouvement de la société. Euh-Me Ahn provient des danses chamaniques, puis s’est formée dans le contemporain new-yorkais, non sans devenir une proche de Pina Bausch. Son esthétique étonnante en est toute chamarrée, exubérante, émaillée de provocations où la naïveté le dispute à la pop. Pour North Korea Dance, en avance sur l’actualité, Eun-Me Ahn porte son regard de l’autre côté de la zone démilitarisée. Il est impossible de s’y rendre. Mais Internet n’est pas avare d’images d’un art directement saisi par une dictature pour forger une identité en corps trempés. Cela  se décline d’emprunts folklorisés au patrimoine, en fantastiques parades militaires multitudinaires, comme en exploits virtuoses confinant au cirque ou à la maestria du ballet. Dans une recherche esthétique, Eun-Me Ahn, s’approprie et revisite ces codes pour dresser un panorama des formes chorégraphiques ayant cours chez le voisin du Nord, et mise sur la danse pour tenter un rapprochement entre les deux pays.


Rien de plus merveilleusement pop et coloré que l’univers de la chorégraphe Eun-Me Ahn. M - Le Magazine du Monde

Eun-Me Ahn se fait l’ambassadrice d’une réunification à travers un spectacle pétillant et survitaminé par onze interprètes. Télérama