Ici, les mots d’un frère dominicain, ancien directeur de galerie d’art, croisent ceux d’un plasticien musulman, d’une ancienne religieuse devenue théologienne spécialisée en anthropologie, d’une pasteure protestante, d’un juif qui s’est rebellé contre son rabbin, d’un bouddhiste engagé auprès d’ONG et d’un chamane qui est aussi clown. Sans prosélytisme, chacun témoigne de son cheminement vers la foi. Cette forme de tranquillité et de bien-être à laquelle les non-croyants doivent trouver une alternative dans les moments où ils ont besoin d’être aspirés vers le haut. 

Dans une mise à nu très forte, les sept acteurs – non-professionnels, mais à la présence énorme – disent aux humains comment la spiritualité peut aider à vivre avec les autres. Comment elle peut aussi nous aider à penser à notre destin commun de mortels. Profondément humaniste, le théâtre de Didier Ruiz est une expérience bouleversante dont on sort plus vivant que jamais.

Tarif: B

Spectacle conseillé à partir de 14 ans

Photos : © Emilia Stefani

En 1999, Didier Ruiz est sur le plateau du Théâtre Ouvert à Paris quand soudain il décide d’aller voir si les histoires qui se jouent dehors ne seraient pas plus saisissantes que celles qu’il incarne en tant que comédien. Sortant de la scène, il y fait entrer un élément qui d’habitude ne s’y trouve pas : une parole vraie. Didier Ruiz entame alors une première série de spectacles, Dale Recuerdos (Je pense à vous), qui atteint en 2020 sa trente-troisième édition, et qui convoque la mémoire de personnes âgées. Dans les récits exposés, Didier Ruiz retrouve le caractère sacré de l’acte théâtral : la vérité du présent qui s’énonce. Car pour le directeur artistique de La compagnie des Hommes, la mission du théâtre, qu’il accueille du réel ou de la fiction, est toujours la même : donner à voir et à entendre une humanité partagée.

Parmi les productions actuelles Que faut-il dire aux Hommes ? est celle qui mérite d’être largement vue, de toute urgence.

The New York Times

Mise en scène : Didier Ruiz
Collaboration artistique : Tomeo Vergés
Dramaturgie : Olivia Burton
Assistanat à la mise en scène : Myriam Assouline et Céline Hilbich
Scénographie : Emmanuelle Debeusscher assistée de Floriane Benetti
Costumes : Solène Fourt
Lumière : Maurice Fouilhé
Musique : Adrien Cordier
Avec : Adel Bentounsi, Marie-Christine Bernard, Olivier Blond, Eric Foucart, Grace Gatibaru, Jean-Pierre Nakache, Brice Olivier