THÉÂTRE

CLÉMENT HERVIEU-LÉGERFR GOLDONI UNE DES DERNIÈRES SOIRÉES DE CARNAVAL

Venise 1762. La rivalité entre Carlo Goldoni et le Comte Gozzi pour régner sur la scène théâtrale prend des allures de guerre d’usure. Goldoni, qui fût l’enfant chéri de la Sérénissime, se voit contraint de quitter la ville. En guise de révérence, avant d’aller travailler à Paris, il partage avec son public Une des dernières soirées de Carnaval.

La soirée en question se passe chez Zamaria qui a réuni autour de lui une galerie de personnages hauts en couleurs. On joue aux cartes, on dîne, on rit, on danse, on parle d’amour, d’exil... Entre musique de fête et nostalgie du carnaval qui s’achève, la soirée est aussi pour chacun l’occasion de se retrouver face à luimême, comme face aux autres. 

La mise en scène de Clément Hervieu-Léger nous plonge avec fougue et élégance dans l’effervescence du théâtre de Goldoni. Loin des archétypes de la Commedia dell’arte, le « Molière italien » fait tomber les masques pour interroger les rapports humains qui régissent toute microsociété. Avec lui, il n’y a pas de premiers ou de seconds rôles. Seulement des individus tiraillés entre désir de vivre ensemble et de vivre libre. Des questionnements soulevés au XVIIIe siècle et qui résonnent avec notre actualité de façon troublante. 


Clément Hervieu-Léger fait de cette « soirée de Carnaval » une véritable ode au théâtre, à la fois classique (superbes costumes d’époque, décors de tréteaux en partie éclairé à la bougie) et contemporaine dans son jeu. Les Échos