Dans cette rêverie aquatique, Nathalie Pernette explore ainsi cet élément qui, pouvant être à la fois limpide, ténébreux, doux, furieux, maternel ou mortel, fascine l’humain depuis des millénaires. La chorégraphe y voit là un magnifique réservoir d’images poétiques, de souvenirs enfouis, d’êtres fantastiques – réels ou imaginaires –, d’histoires  partagées et de reflets de notre intimité.

Pour saisir l’humeur changeante de l’eau, les danseurs en explorent tour à tour la part sombre, sensuelle et festive. Depuis la surface jusqu’aux profondeurs, ils cherchent le geste liquide, lisse et coulant, l’extrême fluidité du mouvement. À l’inverse, ils tentent aussi un corps secoué par la tempête. Ils plongent et resurgissent, troublent d’une gestuelle délicate le miroir du bain, se perdent dans des courants contraires, se noient ou presque…

Autant de variations qui, sublimées par un savant travail de lumière, engloutissent le public dans le tourbillon d’une danse spontanée et sensible.

Tarif: C

Photos : @Melune

Après une formation classique et deux années d'études chez Françoise et Dominique Dupuy, Nathalie Pernette s'engage très tôt dans la voie de la composition. En tandem tout d'abord avec Andreas Schmid, elle signe sept chorégraphies en douze ans, dont quatre duos, reflets d'une intense relation. Elle crée sa propre compagnie en 2001 et poursuit en toute liberté, en salle comme en espace public, une recherche gestuelle assortie de multiples croisements avec les arts plastiques, l'objet et les divers aspects de la musique vivante. Des questionnements au cœur des dix-neuf pièces au répertoire de la compagnie.

Chorégraphie : Nathalie Pernette assistée de Regina Meier
Interprètes : Léa Darrault, Jessie-Lou Lamy-Chappuis, Claire Malchrowicz, Anita Mauro
Costumes : Fabienne Desflèches
Création lumières : Caroline Nguyen
Musique : Franck Gervais
Ensemblier, recherche scénographique : David Eichenberger
Direction technique, régie son : Stéphane Magnin
Construction : Denis Bulte

La Mémoire de l’eau 

Que se passe-t-il dans le silence d’une piscine ou d’un lac, la nuit ? La Mémoire de l’eau prendra place dans ces lieux atypiques, en piscine, bain public, bord de lac ou plage. Elle fera resurgir toute une série de naufrages et de créatures extraordinaires, de rituels d’un autre âge, de peurs de l’engloutissement…

Plonger et resurgir, disparaître lentement sous la surface, percer la peau des eaux, travailler à la beauté d’une presque immobilité et à la flottaison, troubler d’un geste le miroir de l’eau, traverser d’une rive à l’autre, se noyer ou glisser au fil de l’eau à la manière d’Ophélie. Chercher le geste liquide, lisse et coulant, l’extrême fluidité d’une danse. A l’inverse, tenter un corps secoué de l’énergie de la tempête, du tourbillon, se perdant dans des courants contraires imaginaires. Approcher la fragilité de la bulle et la danse de la colère des eaux. Organiser ricochets, clapotis, giclées et plongeons en une joyeuse partition.

Toucher à la caresse, à la relation sensuelle des eaux et des corps, seul ou en lien et en paix. Douceur érotique du bain et de la toilette. La grâce d’un rituel.

S’inspirer des êtres fantastiques nés de l’eau : sirènes, dragons des eaux, monstres marins translucides des grands fonds, ondines, nixes, nymphes secrètes, séductrices et dangereuses…

Une chorégraphie modulable

La Mémoire de l’eau est conçu comme un voyage, réel ou imaginaire, qui fait passer danseurs et spectateurs de la proximité, du bord de l’eau, à la surface et à la profondeur, jusqu’aux Abysses.

Un voyage de l’insouciance du jeu, de la sensualité à la plongée dans un monde plus sombre, plus agité et secoué de peurs ancestrales…

Ce fil dramaturgique restera une constante, quels que soient les lieux (piscines, bains publics, thermes ou bassins naturels), qu’investira le spectacle. Celui-ci, ordonné en quelques stations et une succession de séquences, verra certaines d’entre elles disparaître selon les nécessités du site choisi, parfois au profit d’une improvisation cadrée, spécialement conçue pour l’occasion.