POP BRÉSILIENNE RAP SOUL PREMIÈRE FRANÇAISE

BIA FERREIRABR UM CHAMADO

Musicienne ultra-douée – elle maîtrise plus d’une vingtaine d’instruments –, Bia Ferreira s’accompagne à la guitare pour partager ce qu’elle appelle sa Música de Mulher Preta, une Musique de femme noire qui dénonce la brutalité de la société brésilienne, en mêlant soul, jazz, reggae, blues et rap.

Jeune, féministe, noire et homosexuelle… Bia Ferreira coche toutes les cases pour être la cible des esprits étroits, de plus en plus vindicatifs au Brésil, depuis l’arrivée d’un dictateur en puissance à la tête de l’Etat. La chanteuse reçoit ainsi régulièrement des menaces de mort.

Son tort ? Croire que l’art peut contribuer à l’édification d’une société plus égalitaire. Dans la lignée de Lia Rodrigues – chorégraphe brésilienne invitée par MA la saison dernière avec Furia –, elle envisage son travail comme un outil d’éducation. C’est pour elle une question de survie. Ce sentiment d’urgence se retrouve dans sa voix soul, traversée par des fulgurances filant à une vitesse à faire pâlir les rappeurs les plus véloces. Une tornade vocale à peine tempérée par une guitare aux rythmes tranchés qui mettent aussi bien les consciences que les hanches en mouvement.

Si Bia Ferreira lutte contre le manque d’information, c’est parce qu’elle y voit une raison du succès de Bolsonaro aux élections. « Ce n’est pas que la majorité de la population brésilienne soit fasciste, observe-t-elle. Elle n’a pas appris à penser et n’a pas accès aux informations politiques, car l’éducation publique est dépassée. Nous courons le risque de revenir en arrière. » Un message qui peut trouver un écho ailleurs qu’au Brésil. Ça tombe bien : la chanteuse vient pour la toute première fois en France.


Avec son accent soul et sa guitare, Bia Ferreira relance le débat sur l’estime de soi des Noirs et des discours au sein du mouvement féministe. Rolling Stone