Ce blues réunionnais, la chanteuse, danseuse et poétesse en a épousé les pulsations lancinantes pour adoucir le choc de ses paroles. Après une enfance passée en enfer, elle incarne, plus qu’elle ne les chante, ses blessures avec une force d’interprétation lumineuse. Avec une écriture qui, venant du fond d’elle-même, parle aussi des maux de la société de son île natale.

Accompagnée sur scène par le trombone de Teddy Doris et les percussions de Bino Waro, O’aro présente Longoz, le nouvel album du trio où le maloya fusionne avec l’énergie chaloupée du séga mauricien, la parodie zouk, le jazz le plus torride et les musiques des Balkans et du Maghreb. La voix tire aussi vers le flamenco, les rituels vaudous ou le blues écorché d’une Billie Holiday.

Si dans ses nouvelles chansons, il y a toujours des coups et de la bagarre, il y a aussi de l’humour, de la sérénité, de l’amour et de l’espoir. Le manifeste bouleversant d’une femme en lutte, sauvée par son art. Son message à portée universelle est doublé d’une présence magnétique. De celles qui restent longtemps dans les mémoires.

Tarif: C

Photo : © Olivier Padre

Ann O’aro aime tout ce qui touche au mouvement du corps, des rythmes et de la voix.

Son écriture sauvage s’imprègne des langages accidentés ou des tics langagiers : une fulmination poétique branchée sur les tabous insulaires de l’île de la Réunion et les émotions fortes, la violence sexuelle, l’inceste et la passion amoureuse. Et le chant d’Ann O’aro jaillit. Un chant qui plonge dans la réalité et n’a pas peur des ombres.

Son premier enregistrement éponyme « Ann O’aro » est sorti en septembre 2018 et il a reçu un Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros en 2019.

Son second album “LONGOZ”, enregistré à la Réunion avec son trio, au mois de juillet dernier, est sorti le 16 octobre 2020.

Il propulse le son du trio Teddy Doris au trombone, Bino Waro aux percussions, Ann O’aro au chant), formé après la sortie du premier opus.

Le trio a trouvé, au fil des tournées, un son singulier. Les couleurs musicales valsent du séga mauricien aux musiques des balkans, de la parodie zouk au jazz torride : le maloya de l’île de la Réunion respire hors des sentiers battus et lance le tempo créole des textes incisifs et radicaux d’une femme en lutte pour imposer sa parole.

Chant, percussions : Ann O’Aro

Trombone, chant : Teddy Doris

Percussions, chant : Bino Waro

Production : RUN Productions

Celle qui de ses fêlures a fait des fleurs nous en offre toutes les couleurs, graves et légères, intimes et universelles.

PAM (Pan African Music)