ALESSANDRO BARICCOIT SMITH & WESSON

Leurs noms, c’est Smith et Wesson, mais ils ne fabriquent pas de revolvers. Leurs prénoms ? Tom et Jerry, mais ils ne passent pas leur temps à se chamailler... Nous sommes en 1902, Tom Smith et Jerry Wesson se rencontrent au pied des chutes du Niagara. L’un rédige des statistiques météorologiques, l’autre repêche les corps des suicidés. 

À leur rencontre en succède une autre quand ils font connaissance avec Rachel Green, journaliste prête à tout pour dénicher le scoop du siècle. Elle embarque Smith et Wesson dans un projet insensé : plonger dans les chutes et s’en sortir vivante. Il ne reste plus qu’à se glisser dans un tonneau et à se jeter à l’eau.

Romancier et essayiste révéré – on lui doit notamment Soie ou The Game –, Alessandro Baricco est aussi un dramaturge phare sur la scène européenne. Il est enfin de retour à l’affiche de MA scène nationale, après y avoir présenté son éclatant Novecento, avec André Dussollier.

Dans Smith et Wesson, il file une métaphore loufoque de la société du spectacle et de l’audace. Une audace qui traverse sa mise en scène, construite comme une pièce à suspense. Nous voilà plongés dans le tumulte des chutes, aussi monumentales que la chute de sa tragi-comédie. On en sort chamboulé, comme si nous étions, nous aussi, entrés dans le tonneau pour faire le grand saut.


La pièce n’est pas seulement formidablement drôle. Farfelue. Inventive. Elle est enjouée, diabolique, intelligente. L’Obs